MARIE IMMACULÉE REINE DU CLERGÉ

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ENVOI PAR COURRIEL DES 3 PREMIERS DOCUMENTS SUIVANTS

1) Invitation de Marie-Marguerite et Claude Bergeron avec le groupe de prière de Jean-Charles Florent Monney:

INVITATION

             Chers frères et sœurs,

                                                  Vous êtes tous et toutes invité(e)s à fêter avec nous

 Marie Immaculée Reine du Clergé,

             journée consacrée pour les prêtres lors de la fête de la Lumière à la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde à Montréal (coin Boul. René Lévesque et Mansfield métro BONAVENTURE), samedi le 1er février 2020 à la messe paroissiale.

 Déroulement de la fête de Marie Immaculée Reine du Clergé :

   8h00 : - récitation des 1000 AVE

15h00 : - chapelet

15h30 : - enseignement sur l’Eucharistie par Pascal Cyr diacre

16h00 : - enseignement par l'abbé Paul Hébert sur le rôle du prêtre en 2020

16h30 : - litanies à Marie

16h45 : - préparation pour la procession de la chandeleur avec des chandelles et les images des groupes de prière vers la crèche.

17h00 : - messe paroissiale célébrée par le curé Alain Vaillancourt et animation par la chorale « Marie très pure » des «Hérauts de l’Évangile».

- Fin de la récitation des 1000 AVE après la messe jusqu’à 20h00.

         En Marie Immaculée Reine du Clergé,

 Marie-Marguerite et Claude Bergeron
tél. : 450-688-1400
Jean-Charles Florent Monney
tél.: 514-619-7063.

2) Annonce du 1er février 2020:

MESSE DE LA CHANDELEUR

Fête de Marie Immaculée Reine du Clergé

ndcimg 

Samedi, le 1er février 2020

à la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde

(coin Boul. René Lévesque) Métro BONAVENTURE

Programme :

   8h00 : - récitation des 1000 AVE
15h00 : - chapelet
15h30 : - enseignement sur l’Eucharistie par Pascal Cyr diacre
16h00 : - enseignement par l'abbé Paul Hébert sur le rôle du prêtre en 2020
16h30 : - litanies à Marie
16h45 : -
préparation pour la procession de la chandeleur avec des chandelles et les images des groupes de prière vers la crèche.
17h00 : - messe paroissiale célébrée par l'abbé Alain Vaillancourt et animée par la chorale « Marie très pure » des «Hérauts de l’Évangile»
- Fin de la récitation des 1000 AVE après la messe jusqu’à 20h00.

Pour informations : Marie-Marguerite et Claude Bergeron tél.: 450-688-1400
Jean Charles Florent Monney : 514-619-7063

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3) Prière de Marie Immaculée Reine du Clergé:

    Ô Marie, Reine du Clergé, Mère de l'Église, vous qui avez accompagné les Apôtres et les Disciples au jour de la Pentecôte, priez encore avec nous pour le Pape, les Évêques et les Prêtres. Obtenez-leur la force, le courage, la santé pour qu'ils travaillent efficacement à consoler ceux qui souffrent, à convertir les pécheurs et à préparer le Règne de Dieu par votre Fils Jésus.
    Ô notre Mère, priez avec nous l'Esprit Saint. Qu'il vienne unir l'Église et renouveler la face de la terre. Inspirez à vos enfants le respect du prêtre, que l'on comprenne la grandeur de l'Eucharistie et du Sacerdoce.
    Ô Marie, Reine du Clergé, priez pour nous, obtenez-nous de nombreux et saints prêtres.
    Saint Joseph, protecteur de l'Église, priez pour nous.
    Saint Michel Archange, protégez-nous.

Autorisé par:
Mgr Paul Grégoire, archevêque de Montréal,
N.P. 4-1988

    N.B. Nous reproduisons ici la statue de Marie, Reine du Clergé, dont le prototype sortait des ateliers en 1910. En 1913, on commença à frapper des médailles sur le même sujet. La confrérie de "Marie Immaculée Reine du Clergé" fut fondée par le curé Gabriel Lenert de la proisse Saint-Nicolas de Chardonnet et le 2 février 1908, jour de fête marial, la confrérie était érigée par le cardinal Richard, archevêque de Paris.   Depuis sept ans, le 2 février, nous célébrons avec solennité la fête de Marie Reine du Clergé à la Cathédrale de Montréal. Samedi, le 1er février 2020 à la Cathédrale de Montréal, fête de Marie Reine du Clergé: 15h prières et messe à 17h. Marie-Marguerite et Claude Bergeron 450-688-1400.

4) Explication de l'image                                                                                    

            Jésus dit à Conchita Cabrera

du  Mexique:
 

             « Le calice que je tiens dans ma main gauche est comme un sceptre qui représente mes souffrances et l’abondance de ce Sang Précieux qui se répand sur les âmes, les purifie, les vivifie et les sanctifie.

            Le calice que Marie Immaculée Reine du Clergé tient dans sa main droite représente le calice des douleurs, les douleurs auxquelles tout chrétien et surtout les élus de Jésus doivent compatir, en unissant leurs souffrances aux Siennes.

            Par cette image, J’accomplis des prodiges de grâces. »

  
5) Consécration à Marie Immaculée Reine du Clergé
                                                                                 

        Nous nous consacrons à Marie Immaculée Reine du Clergé, Mère des prêtres et du Sacerdoce Royal pour tous les peuples.

       En vous, Marie Vierge Immaculée, on vous demande dans la Divine Volonté de Dieu Notre Père, la grâce de la vocation sacerdotale qui nous unit à tous les prêtres dans le Cœur Sacré du Prêtre Éternel, votre Fils Bien-Aimé, Notre Seigneur Jésus Christ.

       Ô Esprit Saint, en la fête de la Lumière, on vous demande la grâce d’imiter votre Bienheureuse épouse, Marie Immaculée Vierge Sacerdotale.

         Ô Esprit Saint, on vous demande une Nouvelle Pentecôte.

      Maman Marie, vous la Mère et Reine du Clergé, votre Église a besoin de prêtres sanctifiés et consacrés à l’Esprit Saint, des prêtres de lumières pour éclairer vos enfants, des prêtres de feu pour qu’ils remplissent l’univers d’Amour divin.

        Oui, venez Esprit Saint, venez renouveler vos prêtres. Pour eux et pour nous, on vous demande votre Puissante Infusion d’Amour Inconditionnel.

        Ô Marie Immaculée Reine du Clergé, le temps de son Règne est arrivé pour sauver son Église, une, sainte, catholique et apostolique.

         Qu’ils soient tous consacrés, ô Esprit Saint, dans l’esprit de Vérité.

      Par votre intercession, ô Marie Immaculée Reine du Clergé et de saint Joseph, protecteur de l’Église universelle et de saint Michel Archange.                 Amen.

6) Prière de consécration quotidienne à l'Esprit Saint

            Esprit Saint, reçois la consécration parfaite et absolue de tout mon être. Sois présent désormais dans chacune des actions de ma vie et dans chacune de mes actions. Sois mon Directeur, ma Lumière, mon Guide, ma Force et l'Amour de mon coeur. Je m'abandonne sans réserve à tes opérations divines et veux être docile à toutes tes inspirations. Esprit Saint, transforme-moi avec Marie et en Marie pour la gloire du Père et le salut du monde. Amen.

7) Offrande quotidienne de soi à Jésus

            « Jésus, mon Bien-Aimé,  je t'adore comme le Prêtre Éternel toujours vivant pour intercéder en notre faveur et perpétuant dans l'Eucharistie ton sacrifice de la Croix. Dans ton amour, tu veux m'associer à ta prière et à ton sacrifice. Je t'en rends grâce, Seigneur. Daigne m,accorder de répondre généreusement à ma vocation. Que par TOI ma vie soit une OFFRANDE perpétuelle au Père, dans l'Esprit d'Amour, et une supplication constante pour la sanctification des prêtres, tes ministres et tes amis.
             Ô Marie, Mère de l'Église et Reine du Clergé, garde fidèles à Jésus, ton divin Fils, tous ceux qui lui sont consacrés par l'onction sacerdotale.
             Saint Joseph, gardien et protecteur du Prêtre Éternel, veille sur ceux qui continuent sa mission dans l'Église. Amen."

8) Une "nouvelle Pentecôte" Extraits du « Journal » de Conchita Cabrera du Mexique 

         « En envoyant au monde une nouvelle Pentecôte, Je veux qu’il s’enflamme, qu’il se purifie, qu’il soit illuminé, embrasé et purifié par la lumière et le feu du Saint-Esprit. La dernière étape du monde doit se signaler très spécialement par l’effusion du Saint-Esprit. Il veut régner dans les cœurs et dans le monde entier, non tant pour la gloire de sa Personne que pour faire aimer le Père et porter témoignage de Moi, bien que sa gloire soit celle de toute la Trinité » (Journal, 26 janvier 1916).

         « Dis au Pape que c‘est ma volonté que dans tout le monde chrétien on supplie le Saint-Esprit, implorant la paix et son règne dans les cœurs. Seul cet Esprit Saint pourra renouveler la face de la terre; Il amènera la lumière, l’union et la charité dans les cœurs.

         « Le monde sombre parce qu’il s’est éloigné de l’Esprit Saint, et tous les maux qui l’affligent ont là leur origine. Le remède se trouve en Lui : Il est le Consolateur, l’auteur de toute grâce, le lien d’union entre le Père et le Fils et le suprême conciliateur puisqu’Il est charité, Amour incréé et éternel.

         « Que tout le monde ait recours à cet Esprit Saint parce que le temps de son règne est arrivé : cette dernière étape du monde Lui appartient très spécialement pour qu’Il soit honoré et exalté.

         « Que l’Église le prêche, que les âmes L’aiment, que le monde entier Lui soit consacré, et la paix viendra en même temps qu’une réaction morale et spirituelle, plus grande que le mal dont la terre est tourmentée.

         « Que l’on commence tout de suite à appeler avec des prières, des pénitences et des larmes ce Saint-Esprit, avec le désir ardent de sa venue. Il viendra, moi

Je l’enverrai une autre fois d’une façon évidente en ses effets, qui étonnera le monde et poussera l’Église à la sainteté » (Journal 27 septembre 1918).

         « Demande cette reprise, cette « nouvelle Pentecôte,  car mon Église a besoin de prêtres sanctifiés par le Saint-Esprit. Le monde s’enfonce dans l’abîme parce qu’il manque de prêtres qui l’aident à ne pas y tomber; de prêtres de lumière pour éclairer les chemins du bien; de prêtres purs pour retirer de la fange tant de cœurs; de prêtres de feu qui remplissent l’univers entier d’amour divin.

         « Demande, supplie le ciel, offre le Verbe pour que tout soit restauré en Moi par le Saint-Esprit. » (Journal 1er novembre 1927).

         « Je veux revenir au monde dans mes prêtres; Je veux renouveler le monde des âmes en me faisant voir Moi-même dans mes prêtres. Je veux donner une puissante impulsion à mon Église en lui infusant comme une « nouvelle Pentecôte » le Saint-Esprit dans mes prêtres » (Journal 5 janvier 1928).

         « Pour obtenir ce que Je demande, tous les prêtres doivent faire une consécration au Saint-Esprit, en Lui demandant, par l’intercession de Marie, qu’Il vienne à eux comme dans une « nouvelle Pentecôte », et qu’Il les purifie, les remplisse d’amour, les possède, les unifie, les sanctifie et le transforme en Moi » (Journal 25 janvier 1928).

         « Un jour non lointain, au centre de mon Église, à Saint Pierre, aura lieu la consécration du monde au Saint-Esprit, et les grâces de cet esprit Divin se déverseront sur l’heureux Pape qui la fera.

         « C’est mon désir que l’univers soit consacré à l’Esprit-Divin pour qu’Il se répande sur la terre dans une « nouvelle Pentecôte » (Journal 11 mars 1928).

9) Lire "Florilège de textes sur le sacerdoce" tiré d'un article sur Conchita paru sur le site de "Mission Marie Mère des Prêtres" document en PDF:
http://www.marmoraon.ca/Conchitavie.pdf


10) Deux articles du Bulletin "Le Chardonnet" #335 -Février 2018 et #336 - Mars 201 8 avec des extraits choisis


marg#335

    Marie Immaculée Reine du Clergé           

            Il y a cent dix ans, le 2 février 1908, était érigée la confrérie de Marie Immaculée Reine du Clergé par l’archevêque de Paris, en la paroisse Saint-Nicolas du Chardonnet. Le curé de l’époque (1907-1937), l’abbé Gabriel Lenert, avait une grande dévotion à la très Sainte Vierge Marie et au sacerdoce. Mais cela n’était pas nouveau dans la paroisse, comme vous l’indiquera l’article de ce numéro sur l’archiconfrérie Marie Reine du Clergé.

            En 1908, nous sommes encore en pleine persécution anticléricale. Peu de temps auparavant il y avait eu en 1905 la séparation de l’Église et de l’État, qui n’était qu’une répétition de la confiscation des biens de l’Église par la Révolution française. Saint Pie X n’avait pas cédé aux sirènes de l’État qui voulait le consentement du pape à une spoliation aménagée. Sous l’impulsion du saint pape, le clergé français va réagir en incitant les fidèles à la prière et la pénitence, surtout pour les prêtres. En effet, notre saint patron (Saint-Nicolas) voyait la restauration de toutes choses dans le Christ par un clergé saint et exemplaire. Ce remède n’est-il pas toujours d’actualité cent dix ans plus tard?

Abbé Émeric BAUDOT

Histoire de Saint-Nicolas

L'archiconfrérie Marie Reine du Clergé

                                                                                            (première partie)

Par Vincent Ossadzow

         « C'est par ses prêtres qu'elle sera sauvée ! » Abbé Gabriel Lenert, citant une parole de saint Pie X, éditorial de janvier 1908 du Chardonnet annonçant l'érection de la confrérie, à propos de la France qui se meurt.

Origine
            En 1862, huit ans après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, le curé Heuqueville place la chapelle absidale de l’église sous ce patronage, à l’occasion des travaux consécutifs au percement du boulevard Saint-Germain par le préfet Haussmann. L’abbé Louis Heuqueville, effectivement, avait rencontré plusieurs confrères qui lui avaient fait part de la naissance de leur vocation sacerdotale après avoir prié en cette chapelle de Saint-Nicolas.
margtableau C’est également ce curé qui a commandé à la Ville de Paris un tableau représentant Pie IX avec un membre de chaque ordre ecclésiastique (ordres majeurs et mineurs), le cardinal Morlot, archevêque de Paris, et l’abbé Heuqueville lui-même, tous prosternés aux pieds de la Sainte-Vierge, avec cette légende :

Sub tuum praesidium confugimus – sous votre protection nous nous réfugions. Ce tableau est placé dans la chapelle de Communion, côté Évangile.

          Dès les débuts de son ministère à la tête de la paroisse Saint-Nicolas du Chardonnet, l’abbé Gabriel Lenert instaure la récitation quotidienne du rosaire. C’est au cours d’une de ces prières, en octobre 1907, qu’il reçoit l’inspiration divine « d’établir une oeuvre d’union de prières et de sacrifices, avec la Très Sainte Vierge Marie, Reine du Clergé, pour le recrutement et la sanctification du Clergé » (1).

            Au séminaire de Saint-Sulpice, il se souvient que la Sainte Vierge est invoquée sous le titre de Reine du Clergé.
______

(1). Abbé Gabriel Lenert, Archiconfrérie universelle de Marie Immaculée Reine du Clergé, 1933.

 Naissance
       Après les persécutions anticléricales menées en France par la République radicale au tournant des XIXe et XXe siècles (séparation des Églises et de l’État, laïcisation de l’école publique, fermeture des petits séminaires, expulsion de certaines congrégations), l’Église catholique décide de résister par la prière et les sacrifices. Convaincue que la France catholique ne se relèvera que par les prêtres, c’est dans ces circonstances que l’abbé Lenert installe cette nouvelle confrérie sur la paroisse, spécifiquement dédiée à la défense du clergé par la protection mariale : «Il nous semblait que cette institution serait particulièrement opportune en ces jours malheureux qui suivaient la rupture des relations entre l’Église et l’État, et en lesquels les ennemis de la religion cherchaient à séparer les évêques du pape, les prêtres des évêques et les fidèles de leurs pasteurs » explique-t-il. Le curé de Saint-Nicolas instaure alors cette dévotion particulière à l’autel de Marie, Reine du Clergé, trônant dans la chapelle absidale de l’église. Dans cette initiative et en pleine connaissance des oeuvres de ses prédécesseurs, il ne fait que leur emboîter le pas dans la défense du sacerdoce catholique : l’abbé Adrien Bourdoise avait fondé dans ces mêmes lieux, en 1612, le premier séminaire de France ; saint Vincent de Paul avait institué sur la paroisse, en 1625, la société des Prêtres de la Mission ; après la Révolution, Saint-Nicolas accueillit en 1811 le petit séminaire de Paris, jusqu’à sa fermeture en 1906. Deux ans plus tard, l’abbé Lenert ne fait donc que poursuivre la mission sacerdotale de la paroisse. La première église Saint-Nicolas, au XVe siècle, possédait déjà une chapelle dédiée à Notre-Dame, également dans l’abside. Le 2 février 1908, jour de fête mariale, le cardinal Richard érige solennellement la confrérie de Marie-Immaculée, Reine du Clergé en la paroisse Saint-Nicolas du Chardonnet; c’est l’un des tous derniers actes de l’archevêque de Paris, décédé quelques jours avant la publication de cette ordonnance. La cérémonie d’érection est célébrée le dimanche 2 février après-midi sous la présidence de l’abbé Odelin, vicaire général et directeur des oeuvres diocésaines.

Bénédiction pontificale de saint Pie X
            Dès son arrivée à l’archevêché de Paris, Mgr Amette perçoit l’importance et le potentiel que revêt cette confrérie. Aussi demande-t-il à l’abbé Lenert de la présenter au pape à l’occasion d’un pèlerinage à Rome au printemps. C’est ainsi que, à l’invitation de son archevêque, la veille d’une audience pontificale fixée au 20 mai 1908, le curé de Saint-Nicolas du Chardonnet adresse au pape saint Pie X une supplique dont voici les principaux passages :

          « Cette oeuvre, qui semble plus opportune que jamais, a pour but d’inviter les prêtres et les fidèles à faire des prières et à s’imposer des sacrifices pour les oeuvres de sanctification sacerdotale et pour le recrutement du Clergé séculier et régulier. Elle est conforme aux traditions séculaires de cette Église, où fut toujours honorée la Très Sainte Vierge, sous le titre de Marie Immaculée Reine du Clergé. »

            Le lendemain, jour de l’Ascension, la confrérie est approuvée et bénie par le Saint-Père qui répond à l’abbé Lenert dans une lettre, énonçant entre autres : « Nous accordons à notre cher fils, le curé de Saint-Nicolas du Chardonnet, la permission d’inscrire dans la Confrérie n’importe quels fidèles disposés à en remplir les conditions et celle d’ajouter aux litanies dans l’église susdite, l’invocation Regina Cleri, ora pro nobis, Reine du Clergé, priez pour nous. »

            Au cours de l’audience qui suit, accordée à plus de trois cents prêtres et évêques pèlerins dans la salle royale du Vatican, saint Pie X délivre un magistral discours sur la sainteté sacerdotale.

 Préparation et soutien au sacerdoce
         « C’est par ses prêtres qu’elle sera sauvée ! » proclame l’abbé Lenert dans Le Chardonnet, en citant des paroles fréquentes du pape saint Pie X parlant de la France, comme de l’Église. (...)La finalité de l’archiconfrérie est simple : répandre la dévotion à Marie, Reine du Clergé, et obtenir sa puissante intercession en faveur du recrutement et de la sanctification des prêtres, tant séculiers que réguliers. Cette dévotion particulière se traduit de toutes manières, en union avec la très Sainte Vierge, par l’action et l’aumône, par la prière et le sacrifice. «Oeuvre de vocations, mais en même temps œuvre d’aide et d’assistance au clergé, étroite union entre les prêtres et les fidèles, sous le patronage de la très Sainte Vierge Marie, Reine du Clergé », précise l’abbé Lenert. À cet effet, les affiliés sont invités à :

- se faire inscrire sur le registre de la confrérie,

- s’imposer quelques sacrifices ou faire une offrande pour les séminaires,

- assister chaque année, s’ils le peuvent, à une messe aux intentions de Marie, Reine du Clergé.

Essor et succès de la confrérie, requalifiée archiconfrérie
            La croissance de la confrérie est rapidement exponentielle. Six ans plus tard, à la veille de la Grande Guerre, elle atteint plus de 4 000 membres sur la paroisse. Outre les prières de ses fidèles, elle apporte 2 000 francs pour l’Oeuvre des vocations du diocèse de Paris. En 1920, l’archiconfrérie monte à 10 600 inscrits, puis atteint 20 000 membres en 1933, sans compter les congrégations religieuses, répartis en 70 confréries paroissiales ou diocésaines, dans la plupart des provinces de France et à l’étranger. En 1910 commence à paraître La Reine du clergé, bulletin trimestriel de la confrérie puis de l’archiconfrérie, servant de lien entre les membres et les différentes confréries.

margverriere           Devant le succès rencontré à Saint-Nicolas, d’autres paroisses souhaitent avoir également leur confrérie. Le 20 mai 1912, moins de cinq ans après sa fondation et à la demande du cardinal Amette, le pape saint Pie X érige l’institution en archiconfrérie universelle, déclarant dans le bref pontifical « nulle, vaine, toute atteinte qu’y apporterait sciemment ou par ignorance n’importe quelle personne, usant de n’importe quelle autorité. » Saint-Nicolas du Chardonnet devient ainsi la maison-mère de la dévotion à la très Sainte Vierge protectrice du clergé. Par ailleurs, l’archiconfrérie se révèle le phare de l’oeuvre diocésaine des vocations. Le 6 février 1928, les vingt ans de l’archiconfrérie sont solennisés à Saint-Nicolas sous la résidence de Mgr Luigi Maglione, nonce apostolique, futur secrétaire d’État de Pie XII. Afin d’accroître davantage encore le développement de cette oeuvre, l’archevêque de Paris décide de transférer le siège de l’archiconfrérie à Notre-Dame. Par délicatesse, il attend que l’abbé Lenert transmette sa cure à l’abbé Pierre Largier en 1937. Le transfert de l’archiconfrérie est effectif le 3 avril 1938, accepté avec regret et résignation filiale par son fondateur. Ce sacrifice est quelque peu compensé, dans le même temps, par l’intronisation de Marie Reine du Clergé à l’entrée de l’église. L’édifice, en effet, vient enfin d’être pourvu de son portail sur la façade méridionale.
           Le dernier vitrail de l’église achève ainsi la construction débutée au XVIIe siècle. Le thème est choisi par l’abbé Lenert : Marie, Reine du Clergé, veille désormais sur l’entrée de l’église et répond de la sorte à la chapelle absidale. Le vitrail est inauguré et bénit le 6 février 1938 par Mgr Crépin, évêque auxiliaire de Paris, à l’invitation du chanoine Lenert, lors des vêpres.

Les branches spécialisées de l’archiconfrérie
            De manière concomitante à l’établissement de l’archiconfrérie, deux pieuses institutions s’y joignent. D’abord celle de l’élite des enfants de choeur de Paris, lesquels deviennent la section des Petits clercs de Marie Reine du Clergé dès juin 1910. C’est l’oeuvre de l’abbé Girod de l’Ain, vicaire à Saint-Nicolas du Chardonnet, alors sous-directeur de l’archiconfrérie, qui comprend combien pourrait être efficace l’éclosion des vocations sacerdotales parmi les enfants de choeur. Cette initiative est aussi encouragée par l’abbé Lieuter, missionnaire diocésain, futur directeur de l’oeuvre diocésaine des vocations. L’élite des enfants de choeur de Saint-Nicolas rejoint ainsi l’archiconfrérie : les postulants sont admis par le curé et, après trois mois de probation, deviennent membres officiels ; ils arborent, sur leur cotta, une médaille suspendue à une ganse de soie bleue. Cette admission dans l’archiconfrérie se déroule au cours d’une cérémonie marquée par l’acte de consécration de l’enfant à la Reine du Clergé.

             Par la suite, en 1927, la confrérie des mères de prêtres intègre à son tour l’archiconfrérie. Établie par l’abbé Pierre Rivière, curé de Saint-Thomas d’Aquin et futur évêque de Monaco, cette assemblée unit entre elles et à la Sainte Vierge les mères de prêtres, continuant à prier spécialement pour les vocations sacerdotales. Cette confrérie méritait toute sa place au sein de l’archiconfrérie. En 1929 sont également associées les mères de séminaristes. Chaque trimestre, « La Reine du clergé » propose « la page de la confrérie des mères de prêtres » et « la chronique des enfants de choeur de Marie Reine du Clergé », rendant compte des pèlerinages, retraites et autres journées organisés à Paris comme en province.

(à suivre)

marg#336

 

Histoire de Saint-Nicolas

L'archiconfrérie Marie Reine du Clergé

                                                                                        (deuxième partie)

La dévotion à Marie Reine du Clergé à Saint-Nicolas

Par Vincent Ossadzow

        Siège de l’archiconfrérie jusqu’en 1938, la paroisse en tient le secrétariat, établi au presbytère du boulevard Saint-Germain. Chaque samedi, la messe de l’archiconfrérie est célébrée dans la chapelle de la Sainte Vierge, à l’autel de Marie Reine du Clergé ; après la messe est récitée une prière indulgenciée, composée en son temps par l’abbé Bourdoise :

            « Seigneur, qui nous avez instruits, dans la personne de vos disciples, à ressentir les besoins de votre Église et à vous demander des ouvriers pour elle, nous vous supplions très humblement de jeter les yeux de votre miséricorde sur cette multitude innombrable d’hommes qui ne vous glorifient pas comme ils le doivent. Donnez-leur des pasteurs et des prêtres si saints, si capables, si zélés, qu’ils soient dignes d’enseigner à vos fidèles les véritables voies, de vous servir, afin que tous ensemble, nous vous puissions louer dans la bienheureuse éternité. Ainsi soit-il.»

margimndc À la gloire de Dieu, l’honneur de l’Église et au salut des âmes !

Le premier dimanche du mois, une instruction spéciale est donnée aux membres de la confrérie après les vêpres. S’ensuit une procession, où est portée la statue de Marie Reine du Clergé au chant des litanies de la Sainte Vierge, avec station à la chapelle de l’archiconfrérie. Après le salut du Saint-Sacrement, pendant lequel est chantée l’antienne Sancta Maria, succurre miseris – Sainte Marie secours des pauvres, et qui se termine par le De profundis – Des profondeurs pour les prêtres et leurs bienfaiteurs défunts, on récite la prière de l’abbé Bourdoise en faveur des vocations sacerdotales.

Les fêtes patronales
            Trois pèlerinages annuels rythment l’activité des petits clercs de Marie Reine du Clergé : le premier, à l’occasion du 21 novembre, fête de la Présentation de la très Sainte Vierge, dans l’un des sanctuaires de Paris (Montmartre, la rue du Bac); le deuxième, le 2 février, fête de la Présentation de Notre Seigneur et de la Purification de la Sainte Vierge, à Saint-Nicolas du Chardonnet, siège de l’archiconfrérie ; le troisième, le 2 juillet, fête de la Visitation de la Sainte Vierge. Par ailleurs est organisé chaque année un concours liturgique avec épreuves pratiques et théoriques, entre les groupes d’enfants de choeur des paroisses affiliées ; les résultats sont proclamés en février, et la paroisse classée première reçoit, pour un an, la garde de la bannière des enfants de choeur parisiens portée dans les différents pèlerinages. Dans ce concours parisien, les enfants de choeur de Saint-Nicolas passent tranquillement, dans l’Entre-deux-guerres, de la 3e à la 14e place.

      
    
Ces fêtes sont particulièrement marquées à Saint-Nicolas du Chardonnet, ainsi que celle du 6 décembre lors de la Saint-Nicolas. Les jeudi ou dimanche proches de ces deux dates sont l’occasion de solennités rehaussées dans la paroisse qui accueille alors facilement 300 à 400 enfants de choeur avec, l’après-midi, sermon sur la sainteté des fonctions liturgiques, procession et station à la chapelle absidale de Marie Reine du Clergé, puis Salut du Saint-Sacrement. L’archevêque de Paris ou, en son absence, l’un de ses évêques auxiliaires, préside habituellement la cérémonie, au cours de laquelle le curé ou un religieux prêche sur l’oeuvre des vocations.

margenfant            Le 5 février 1920, l’église accueille ainsi les enfants de choeur des paroisses de Paris et de sa banlieue, en soutanelle rouge ou bleue (1) et répartis dans toute la nef. Lors de la procession, quatre d’entre eux portent la statue de Notre-Dame du Clergé, tandis que la maîtrise paroissiale interprète des motets sous la direction de William Gousseau, maître de chapelle. Le 2 décembre de la même année, ce sont 250 enfants de chœur parisiens qui, dans le cadre de l’archiconfrérie, sont en pèlerinage au Sacré-Coeur de Montmartre.

            Le 31 janvier 1924, plus de 400 petits clercs, tous en soutanelle, remplissent à nouveau l’église Saint-Nicolas du Chardonnet pour leur pèlerinage annuel, présidé par Mgr Roland-Gosselin, auxiliaire de l’archevêque de Paris ; à cette occasion sont proclamés les résultats du concours liturgique inter-paroissial: Saint-Nicolas arrive 3e sur les 16 paroisses concurrentes, derrière Bourg-la-Reine et Le Kremlin-Bicêtre.

            À ces deux cérémonies parisiennes s’ajoute un pèlerinage annuel à Notre-Dame de Montmélian (2).

Une protection dans les périls
            Les misères de la Première Guerre mondiale viennent apporter du renfort à la milice de l’archiconfrérie. Le 29 juin 1915, le cardinal Amette préside à Saint-Nicolas du Chardonnet le pèlerinage de plus de 80 prêtres-soldats enrôlés pour le front (3), groupés autour de la statue de Marie Reine du Clergé trônant au milieu du choeur de l’église (4). Dans les heures sombres de la guerre qui s’installe dans la durée, le prélat prend l’occasion de la royauté apostolique de la Sainte-Vierge, en la fête des saints apôtres Pierre et Paul, pour évoquer le devoir de l’apostolat qui incombe au prêtre, même enrôlé pour le front. Lors de la traditionnelle procession à l’autel de Marie Reine du Clergé, plus de 60 prêtres présents ce jour-là et non encore associés, se font inscrire au registre de la confrérie paroissiale. Le chroniqueur de La semaine religieuse de Paris relate ce pèlerinage qui sort de l’ordinaire :

            « Il me semble qu’il devait y avoir grande joie au ciel et qu’à travers les obscurités énigmatiques du présent nous marchions vers les clartés de l’avenir... Nonobstant l’uniforme militaire, qui eût donné le change à des profanes, n’était-ce pas comme l’avant-garde de toute une légion de prêtres, sanctifiés par le sacrifice, qui défilaient sous le sourire bienveillant de la Reine et Mère, la Vierge Immaculée ? Avec quelle générosité ils acceptaient de sa main le calice de douleur qu’elle leur présentait en vue de les rendre plus dignes de Jésus-Hostie et d’en faire, à son exemple, des sauveurs.

            Et pendant qu’au pied de l’autel de Marie, par la voix de M. le Curé de Saint-Nicolas, s’accomplissait la cérémonie de consécration, l’ange du sacerdoce, saint Michel, l’épée au repos, le regard fixé sur Jésus et sur Marie, ne demandait-il pas à Dieu de susciter, parmi les prêtres agenouillés, des saints de la marque du Bienheureux Jean-Marie Vianney, résolus à baser sur la prière inlassable et la pénitence volontaire leur zèle renouvelé et tout apostolique ? »

            À la fin de la guerre, les puissants bombardements prussiens menacent à nouveau la capitale. Groupés autour de l’abbé Lenert, les paroissiens de Saint-Nicolas font voeu de réciter l’invocation à Marie Reine du Clergé chaque jour, à l’issue de la messe de 8h00, si le territoire paroissial est préservé. Huit mois plus tard, lors de la proclamation de l’armistice, une plaque commémorant la protection mariale est apposée dans le déambulatoire, côté Évangile.

La Sainte Vierge et Saint-Nicolas du Chardonnet
            La dévotion mariale mise en exergue par l’archiconfrérie Marie Reine du Clergé permet de souligner le lien étroit entre la paroisse et la Mère de Dieu. La consécration de la première église Saint-Nicolas, en 1425, a lieu un 13 mai, jour mis en valeur, ultérieurement, par les apparitions de Fatima. La consécration finale de la deuxième église, en 1937, se passe un 2 juillet, solennité de la Visitation de Notre-Dame. Le chanoine Lenert, pour sa part, décède un 25 mars en 1939, fête de l’Annonciation. On voit ainsi le doigt de Dieu souhaitant mettre à la fois en valeur et en intime union la geste de Saint-Nicolas avec celle de la Sainte Vierge, celle-ci bénissant celle-là, celle-là se mettant sous la protection de celle-ci.

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(1) À Saint-Nicolas du Chardonnet, ainsi que dans d'autres paroisses, les enfants de chœur admis dans l'archiconfrérie portent alors la soutanelle bleue.

(2) Chapelle située à Saint-Witz (Val-d'Oise), contenant des reliques de saint Vit (martyr romain du IVe siècle) ; saint Louis s'y rendait souvent en pèlerinage.

(3) Conséquence directe de la loi de 1905 séparant les Églises et l’État, aucune exemption n'est plus accordée aux ecclésiastiques soumis à la conscription ; comme tous les citoyens français, les prêtres sont enrôlés au front comme simples soldats, pas même en tant qu'aumôniers ; certains parviennent à servir comme infirmiers, poste davantage adapté à leur ministère.

(4) Précédemment, en septembre 1910, l'abbé Lenert avait organisé un pèlerinage de prêtres fêtant leur jubilé sacerdotal d'argent auprès de la statue de Marie Reine du Clergé.

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MISE À JOUR: 24 janvier 2020